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Les STEM dans notre société

Bonjour,

Au début de l’été, Tom Donovan a publié un article de blog sur l’enseignement des matières STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) dans nos écoles et sur le caractère impératif de cette démarche si nous voulons, en tant que pays, continuer à nous développer. C’est tout à fait vrai, mais la solution souvent proposée — introduire ces notions plus tôt ou plus souvent à l’école — me semble insuffisante. Pour que la culture STEM s’enracine dans notre société, il faut un changement radical dans la manière dont l’information est présentée. Les enfants commencent à développer leurs centres d’intérêt et à se définir dès leur plus jeune âge ; il est donc d’autant plus crucial de modifier la manière dont ces matières sont enseignées.

Prenons par exemple le point de vue d’un élève de CP. Cet enfant peut entrer dans sa classe d’arts plastiques et découvrir Van Gogh, Modigliani ou Manet, ou dans sa classe de musique et écouter Mozart ; et même s’il ne peut pas encore pleinement apprécier ou comprendre toute la complexité de ces œuvres, il a immédiatement un aperçu de ce que cette forme artistique peut devenir. Le professeur d’arts plastiques lui demande alors de « peindre la clôture » et l’élève ne se soucie pas du caractère rudimentaire de la tâche, car il peut aspirer à devenir comme les grands maîtres. Au bout d’une quarantaine de minutes, le cours d’arts plastiques se termine et cet élève doit alors aller s’asseoir dans la classe qu’il redoute toute la journée… les maths. Dans ce cours, le professeur lui demande de rester assis sur sa chaise et d’effectuer de manière répétitive des opérations élémentaires (l’équivalent mathématique de « peindre la clôture »). Il déteste ce cours et en conclut que les maths ne sont pas faites pour lui. Le point de vue de l’élève à ce sujet ne change jamais, car ce n’est qu’en étudiant des applications plus avancées des mathématiques qu’il comprendra que les maths peuvent être bien plus que de simples « travaux de peinture sur une clôture ». Ce n’est en aucun cas la faute de l’enseignant (et je ne suis certainement pas un expert en pédagogie), mais cela tient à la nature même de ces deux disciplines : l’art s’appréhende de manière émotionnelle, tandis que les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) s’appréhendent de manière intellectuelle et nécessitent donc un travail plus approfondi avant de pouvoir être appréciés.

Ma vie en est un parfait exemple. Tout au long de mes années de lycée, j’ai été davantage un sportif qu’un élève. Je supportais l’école et j’y allais tous les jours parce que je n’avais pas le choix si je voulais participer à l’entraînement plus tard dans la journée. Je n’ai jamais aimé les maths et je n’avais certainement pas hâte d’assister aux cours. Tout cela a changé lorsque j’ai commencé des études d’ingénieur. À mesure que je m’immergeais dans les mathématiques, j’ai commencé à les considérer moins comme un outil et davantage comme un langage. J’ai découvert certaines théories révolutionnaires et j’ai commencé à les apprécier comme la plupart des gens apprécieraient les « Tournesols » de Van Gogh. L’une des plus belles choses, c’est lorsque des avancées en mathématiques engendrent des avancées en sciences, ou inversement, lorsque des avancées en sciences engendrent des avancées en mathématiques. Par exemple, le concept de supersymétrie en physique quantique existe grâce au développement d’une nouvelle branche des mathématiques appelée théorie des groupes — en substance, les physiciens ont déclaré : « Si la théorie des groupes existe, alors la supersymétrie doit exister elle aussi » (ce qui n’est qu’un exemple parmi d’autres qui soulève la question de savoir si les mathématiques ont été inventées ou découvertes). Un autre exemple de l’omniprésence des mathématiques réside dans la géométrie fractale que l’on retrouve dans la nature et qui trouve un écho dans les structures communautaires africaines. Ces concepts sont absolument fascinants, et seuls quelques privilégiés ont la chance de les découvrir.

Je ne sais pas comment il serait possible de présenter ces informations à un public plus jeune d'une manière qui lui permette de les apprécier, mais une telle évolution pourrait mettre les STEM au même niveau que les arts aux yeux de la majorité, ce qui aurait un impact considérable sur notre société.

Jusqu'à la prochaine fois,

Sean McKenna